Il y a quelques jours, je suis tombée sur une publication Facebook qui parlait de mon livre, TDAH & TSA dans la même personne.
Une femme y racontait qu'elle attendait chez son médecin quand elle a vu sa voisine de chaise le lire. Elles ont discuté, la lectrice en a dit du bien, et elle l'a commandé en rentrant.
Mon livre, dans une salle d'attente, à la place d'un magazine de 2019. J'ai trouvé ça délicieux. Quand on publie un livre, on ne sait à peu près rien de ce qu'il devient ensuite. Il vit sa vie, il ne donne pas de nouvelles, et il ne dit jamais chez qui il dort.
Puis dans les commentaires, une personne qui travaille dans un centre pluridisciplinaire cherchait des références à conseiller à ses patients. La nouvelle acheteuse lui a répondu que le livre était référencé au CRAIF, et que cela avait fini de la convaincre.
J'ai relu la phrase. Il y avait là une information importante sur mon propre livre, et j'étais manifestement la dernière au courant.
Vérification faite : oui, il y est.
Le CRAIF, c'est le Centre de Ressources Autisme Île-de-France. Je précise tout de suite, parce que je sais à quelle vitesse une phrase se déforme en circulant, qu'un livre présent dans leur centre de documentation n'est ni certifié ligne par ligne ni prescrit sur ordonnance. Il a simplement trouvé sa place parmi les ressources proposées aux personnes autistes, à leurs proches et aux professionnels.
Ce qui m'a quand même valu un petit moment de fierté, que j'assume entièrement 😎
Ce livre est né d'un agacement
Je n'ai pas écrit ce livre pour décrocher une reconnaissance institutionnelle. Je l'ai écrit parce que je cherchais quelque chose que je ne trouvais pas.
Sur le TDAH, il y avait des rayons entiers. Sur l'autisme aussi. Sur ce qui se passe quand les deux habitent le même cerveau, presque rien en français. Or c'était précisément ma question. Le terme utilisé aujourd'hui pour parler de cette "cohabitation" et AuDHD.
Comment peut-on avoir besoin de cadre et s'ennuyer à mourir dès que la routine s'installe ? Chercher la stimulation et saturer au bout de vingt minutes de bruit ? Lire une description qui vous correspond parfaitement, puis la suivante qui dit exactement l'inverse, et vous correspond tout autant ?
Le sous-titre, C'est quoi ce bazar ?, n'a demandé aucun effort d'imagination. C'était la question, mot pour mot.
Alors j'ai lu, recoupé, et essayé d'expliquer tout cela sans en faire un manuel universitaire. Depuis, je l'ai repris et mis à jour, parce que la recherche avance et moi avec. L'intention n'a pas bougé : comprendre, et aider à comprendre.
🩷
Les messages de lecteurs me touchent toujours, et certains me restent en tête très longtemps. Mais cette fois, c'est autre chose. Je n'avais rien demandé, rien démarché, et le livre est arrivé tout seul dans un lieu fait exactement pour les gens à qui je pensais en l'écrivant.
Je voulais fabriquer la ressource que j'aurais aimé trouver. Elle est devenue une ressource que d'autres trouvent, et j'en suis fière.
Je l'ai appris parce qu'une femme a regardé par-dessus l'épaule d'une autre dans une salle d'attente, et que l'histoire a fini dans un groupe Facebook où je traînais par hasard.
Comme quoi, les très bonnes nouvelles n'ont parfois même pas la politesse de prévenir avant d'arriver.

